Reconnaissance d’un état Palestinien par la France : La reconnaissance du Quai d’Orsay (article via Le Point du 2.Dec.14)

« Lancée cet automne par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, la stratégie vise à rééquilibrer la position palestinienne dans le cadre de futures négociations avec Israël. Après la Suède – premier pays majeur de l’Union européenne et 135e pays au monde à avoir reconnu la Palestine – fin octobre, ce sont les Parlements britannique, irlandais et espagnol qui ont dit symboliquement « oui », enjoignant à leur tour à leur gouvernement de faire de même.

Si l’exécutif français est aujourd’hui favorable sur le fond à la reconnaissance de l’État palestinien, une telle décision n’est pas à l’ordre du jour.

Néanmoins, il est à noter que le texte socialiste voté à l’Assemblée a été rédigé avec la bénédiction du Quai d’Orsay, alors qu’un vote similaire doit avoir lieu au Sénat le 11 décembre prochain. « Le processus de paix n’avance pas », confie une source diplomatique. « Depuis cet été et la crise de Gaza, le discours et la logique ont donc été renversés. Si, dans un monde idéal, l’État palestinien doit être le fruit de négociations, il serait possible d’utiliser la reconnaissance comme un outil pour accélérer le processus de paix. »

La France reprend la main

Vendredi, lors des débats précédant le vote à l’Assemblée, Laurent Fabius a répété que « la France reconnaîtra[it] l’État palestinien », sans cependant s’engager sur un délai. Relativement absent du dossier au cours des dernières années, comme l’ont montré les multiples hésitations de François Hollande pendant la guerre de Gaza cet été, Paris semble aujourd’hui vouloir reprendre la main.

À l’initiative du Quai d’Orsay, un projet de résolution doit être présenté au Conseil de sécurité de l’ONU d’ici la mi-décembre. Il prévoit la relance des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens en vue d’un accord final sous deux ans. En parallèle, le ministère des Affaires étrangères a annoncé sa volonté d’organiser une conférence internationale sur le Proche-Orient.

« Nous assistons aujourd’hui à une nouvelle donne », souligne Yves Aubin de La Messuzière, ancien directeur Afrique-Moyen-Orient au Quai d’Orsay et expert du dossier. « La volonté est de changer l’enceinte des négociations – pour rejoindre le cadre multilatéral de l’ONU – afin d’imposer la paix, avec un retour aux frontières de 1967 et des aménagements à négocier. » Et le diplomate de préciser qu’en cas d’échec de l’initiative, au bout de deux, la France pourrait reconnaître unilatéralement l’État palestinien. « La France possède un effet entraînant, et beaucoup d’autres pays européens pourraient suivre. Voilà pourquoi les réactions israéliennes sont si nerveuses », explique-t-il.

Une inquiétude confirmée il y a quelques semaines par les propos au Point.fr du ministre israélien du Renseignement, Yuval Steinitz : « Si Paris, sous la pression de l’extrême gauche ou de sa communauté musulmane, se livrait à un tel vote anti-israélien, ce serait vraiment dommageable, car d’autres pays suivraient. » »

http://www.lepoint.fr/monde/etat-palestinien-ce-que-change-le-vote-des-deputes-02-12-2014-1886262_24.php

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